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Ouvrez bien grand les yeux et lisez attentivement ce qui va suivre... Cela pourrait bien vous servir si vous êtrs musicien et rêvez de sortir un 1er disque irréprochable.
L'exemple que j'ai choisi s'appelle Hope is important, sorti tout juste en septembre dernier, chez Food records. Les auteurs de cet album s'appellent Idlewild, groupe encore obscur pour beaucoup mais ils ne savent pas encore ce qu'ils ratent...Et voici la recettte que ces 4 Ecossais, qui se sont rencontrés à la fac d'Edimbourg en 1995, ont concocté pour que leur opus soit encensé à l'unisson par la critique : le NME le juge quasi parfait et compare Idlewild aux "pires" groupes du siècle : REM, Nirvana, Fugazi, Husker Du... C'est dire. Le Melody Maker leur prédit un avenir fantastique et dit de leur musique qu'elle est majestueuse, terrible, tranchante, confiante... Mais qu'ont donc fait ces petits punkers-hardcoreux pour susciter tant d'admiration ?
Pour avoir la réponse, allez les voir sur scène et vous serez cloués. Non, ce sera plutôt le contraire, vous serez propulsés par des forces inconnues dans un mouvement vertical incontrôlable, en vous disant "Putain..."
Cette musique vous remue les intestins, donne envie de hurler et de bondir au plafond pendant les 35 minutes du cd, avec pour seuls moments de pause deux chansons pop et calmes qui tombent du ciel comme un nuage velouté venant vous caresser les oreilles. Cette musique harcèle dès les 1eres mesures : l'intro du cacophonique "you've lost your way" est plus puissante qu'aucune autre... Un volcan de colère, de vigueur, d'excentricités, de singles orageux (comme le menaçant "I'm a message"). Des titres dans la lignée des Pixies et même de Sonic Youth (c'est pas moi qui le dit :)
De l'énergie à l'état pur qui explose sur scène. Leur maturité étonne, après un 1er EP gueulard (Captain chez Deceptive) déjà prometteur. Des chansons aux paroles obsédantes (comme "a song is a beautiful lie", scandé dans "Self healer"... une phrase à méditer) Personellement, je ne les connaissais pas avant cette furieuse 1ere partie de Placebo. Je m'attendais à somnoler...Le réveil fut brutal quand je les ai vus, si frénétiques, et puissants, dans des mouvements effrénés, se donnant jusqu'à saigner des doigts et se casser les dents, sauter dans tous les sens, se retrouver allongé... Je me suis dit : ah, voilà du live de chez live ! Ils iront loin. Pas de doute. Hope is important.

Idlewild / Chronique LP > The remote part

Idlewild : the remote part Une pochette épurée. Un petit garçon aux faux-airs de Rimbaud sur un fond crème. Et une simple phrase aux accents de profession de foi au verso : support your local poet... tout l'esprit des écossais est là, dans ce romantisme cru en forme de supplique désespéré. Et ça marche, on se pose une seconde, les yeux perdus dans le vague, pensant mélancoliquement à ces trésors musicaux que révèlent les (trop) lointaines contrées irlandaises. Idlewild ou comme son nom l'indique, l'alternance du calme et du sauvage, du chaud et du froid, du brut et du travaillé... parfois les mélodies semblent tailler délicatement par un orfèvre aux mains douces ("You held the World in your arms") puis tout à coup le son se durcit, la batterie s'emballe et le discret ouvrage devient gros bloc tout juste excavé de la montagne ("A modern way of letting go", décrassage d'oreille en boîte), avant que les belles ballades bien troussées "I never wanted" et "Live in a hidding place" nous rappelle qu'avant tout les 4 sont britanniques jusqu'au bout de la mèche ! Néanmoins, si la folie et la justesse de ton de leur premier opus Hope is important semble toujours aussi présente, on sent par endroit des failles dans la machine, des parties de guitares un peu surfaites, des voix un peu trop lyriques : qu'importe, la qualité est au rendez-vous, et on leur pardonne d'autant plus facilement ces petits défauts que l'album tient la route sur la longueur et qu'après quelques écoutes l'impression de déjà-vu s'estompe rapidement. Le son d'Idlewild reste unique, suivant un sillon qui leur est propre et dans lequel se sont depuis engagés les Train et autres Travis... ils seraient juste temps que les écossais aient enfin accès à la popularité de ces derniers, car jamais on ne retrouvera de chardon aussi piquant dans les Highlands.