eilera : facettes Eilera repose beaucoup sur la voix d'Eilera, une voix dans la lignée de celle de Björk ("The strength of my hate", "The weapon in my self"), avec peut-être davantage d'énergie, davantage de rythme que la Björk d'aujourd'hui. Une voix claire, cristalline même, une voix qui ensorcèle. Mais cette voix n'est pas seule, il y a derrière elle toute les orchestrations d'Eilera le "groupe", parfois un peu pompeuse (le trés héroïque "Never-ending tale") ou maladroite ("Great men's work") mais qui dans l'ensemble amène le chant à son solstice ("Ambiguity"). Elle s'en démarque aussi pour créer des atmosphères instrumentales qui ne doivent rien à personne comme sur le final très Floydien d'"Uncomprehension", Loïc doit aimer David Gilmour (son son comme son style) et lui rend assez bien. Si la base du combo est rock, les deux compères lui injectent des petites doses de métal de par quelques riffs bien appuyés, pas mal d'épices celtiques et une bonne rasade d'électronique à la limite de l'industriel... Les longs samples ("A summer breeze") couplés à des rythmes binaires bien soutenus ("The weapon in my self") dynamisent un album où l'on pourrait se laisser endormir par la beauté du chant sans trop réagir, avec ces titres plus électroniques, plus vivants aussi, on reçoit des coups de fouet pour ne pas se laisser aller. Dommage que la batterie (numérique certainement) soit un peu trop à l'arrière plan (le chant occupant largement le premier), l'album manque ainsi un peu d'équilibre...
Facettes n'est que le premier album d'Eilera, et cette facette laisse miroiter un avenir brillant.