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Biographie > On the mountain tops


Black Mountain s'est formé en 2004 du côté de Vancouver (Colombie Britannique) sous l'impulsion de Stephen McBean (Jerk with a Bomb). Rapidement, le groupe sort chez, Jagjaguwar, un premier split single 12'' baptisé réalisé avec le groupe Destroyer, rapidement épuisé. S'ensuivront un single 12'' baptisé Druganaut dispo en édition limitée lors de sa sortie et également épuisé après quelques semaines. En 2005, Black Mountain sort son premier album éponyme toujours via Jagjaguwar. L'année suivante, le groupe fait une petite infidélité au label de ses débuts en sortant Voices b/w Stormy High, un single 7'' via Suicide Squeeze Records (Minus the Bear), avant de s'en retourner chez Jagjaguwar, chez qui sort en 2007 le single 12'' Bastards of light, puis quelques mois plus tard, l'album In the future, distribué en France par Differ-Ant.

Black Mountain / Chronique LP > Wilderness heart

Black Mountain - Wilderness heart Il est là... le précieux. Wilderness heart, la nouvelle cuvée des Black Mountain après un formidable In the future, était forcément très attendue. Trop même. Si bien que c'est non sans une certaine excitation que l'on enfourne le CD dans le mange-disque. Et que l'on est un peu déçu par ce qui en ressort en premier, à savoir un "The hair song" au demeurant bien sympathique mais qui n'a rien de bien transcendant, surtout après quelques écoutes attentives. Pop légèrement seventies, quelques discrètes incursions psychées, ça sent le single facile d'accès, radio-diffusable en boucle et en fait, et bien c'est le cas. Donc forcément... ça coince un peu. Place à "Old fangs" où l'on retrouve un Black Mountain plus old-school, électrique et racé, comme à l'ordinaire en sommes. Une mélodie qui fédère l'assistance, des arrangements d'un raffinement certain, les funambules de la scène indie nord-américaine sont de retour, débarrassés d'entrée par la logique mercantile les enjoignant à livrer des titres forcément accessibles. Du reste, la musique des canadiens n'est pas bien difficile à suivre. Immersive, elle sait mieux que personne jouer avec nos émotions pour nous faire céder, lentement mais sûrement, à ses charmes. Une ballade pop intimiste et feutrée plus tard (magnifique "Radiant hearts") et nous voici pris dans ses filets. Classe.
S'il est clair que le groupe va avoir du mal à atteindre les sommets de son précédent album, il nous réserve sur ce Wilderness heart, quelques très beaux moments de rock/folk/blues/psyché épique et habité, au songwriting des plus affutés et aux racines 60's/70's assumées malgré une prod sonnant résolument moderne. Comme sur l'excellent et abrasif "Rollercoaster" ou le massif et éponyme "Wilderness heart", deux titres sur lequel on retrouve un Black Mountain toutes voiles dehors, les guitares affutées et le double chant enfiévré. Une poignée d'excellents morceaux donc (une bonne moitié de l'album)... mais quelques ratés préjudiciables pour une formation de cette trempe. Au banc des accusés, le speedé "Let spirits ride", trop simpliste et quelconque pour susciter la moindre émotion,"Sadie" qui fait un peu remplissage et ne suscite au mieux qu'un ennui poli, au même titre qu'un "The space of your mind" clairement trop mièvre pour nous captiver sur la longueur. Malgré ces faiblesses, les canadiens ont quand même quelques beaux atouts dans leur manche lorsqu'ils versent dans l'intimiste sans fausse pudeur, l'épuré classe ("Buried by the blues") ou qu'ils monter le son des guitares pour faire fumer les amplis (le final de "The way to gone"). Imparfait, lesté de quelques morceaux bien insipides (surtout venant d'eux), Wilderness heart n'en reste pas moins un album de Black Mountain, donc sertis de quelques pépites incomparables... On a la classe ou ne l'a pas.

Black Mountain / Chronique LP > In the future


black_mountain_in_the_future.jpg Au risque de susciter des réactions indignées de la part des puristes, la pochette du nouvel album de Black Mountain est à mon humble avis le croisement idéal entre les artworks de The dark side of the moon et Animals, deux des albums phares de l'icône Pink Floyd. De part l'utilisation des couleurs pour le premiers et de la lumière pour le second, le visuel d'In the future est plus riche qu'il n'y paraît au premier abord. Car cette impression de profondeur qui s'en dégage doublée d'une quasi perfection géométrique, sont réellement en phase avec la musique psychée folk du groupe. Qui n'a jamais écouté Black Mountain ne peut pas comprendre comment le groupe a fait pour s'assurer une base aussi solides d'irréductibles adeptes, disséminés aux quatre coins du globe, après seulement un seul album (Black mountain, 2006). Apôtre d'un rock hanté et habité par les dieux du mouvement psychédélique des 70's, le groupe remet le genre au goût du jour à coup de compos puissantes, mêlant rock heavy aux tendances presque stoner et subtilement orchestré, avec des ambiances psyché-folk ("Stormy high", "Tyrants"). La maestria formelle est sidérante, les qualités artistiques, véritablement bluffantes. Quand il ne fait pas parler la puissance des guitares, le groupe délivre une musique onirique aux atmosphères psychotropes prégnantes et au psychédélisme latent. Un véritable trip musical aussi lunatique que fascinant (les nappes de synthés sur "Wucan"). Des sonorités délibérément old-school, habilement noyées dans des structures plus modernes, il ne s'agit pas ici de comparer Black Mountain aux Pink Floyd mais de se rendre compte que ce qui faisait la magie des seconds est en partie présente chez les premiers. Comme un hommage poli à leurs maîtres, les canadiens ne cèdent jamais à la facilité de la pâle copie et trouve dans l'essence de l'oeuvre "Floydienne" de quoi puiser l'inspiration d'un songwriting racé. "Stay free" sonne comme un vibrant appel à la communauté mélomane, une ode 60's vers une époque révolue mais avec laquelle, Black Mountain semble vouloir éveiller ou (réveiller... sic) les consciences. Un chant haut-perché, un minimalisme folk qui rend grâce à l'épure de la musique du groupe, musique qui ne cherche pas à se dissimuler derrière des artifices pour nourrir de futiles illusions ("Queens will play", "Evil ways"). Véritable climax de cet In the future, "Bright lights" et ses presque 17 minutes de rock psyché-prog tendu et épique est une véritable déclaration enflammée au genre, via une véritable jam-sessions aussi inventive que virtuose. Et Black Mountain d'en rajouter une couche avec un dernier morceau : "Night walks" : pépite vocale à la beauté pure quasiment a capella et qui vient mettre un point d'orgue à un album dont on mettra bien du temps à se remettre. Magique.