an_pierle_white_velvet.jpg An Pierlé & White Velvet, voici donc le troisième album de la talentueuse An, accompagné cette fois d'un véritable groupe, le White Velvet. Si avec son précédent opus studio Helium street la compositrice/ vocaliste belge avait su composer des ballades douces aux atmosphères habitées par des mélodies insaisissables et lumineuse, cette fois, An veut aller plus loin. Et s'en donne les moyens. Car accompagnant cette voix toujours aussi mélodieuse et sensuelle, les instrumentations du groupe qui la suit donnent des allures plus sophistiquées aux compositions du désormais "groupe". Cet album, An Pierlé et ses camarades de jeu l'ont enregistré chez eux à Gand dans une logique de "do it yourself" absolu, ce qui, malgré une qualité de son souvent moindre, à l'avantage de généralement permettre au groupe de conserver le contrôle total sur son oeuvre. Et comme l'association An Pierlé / White Velvet ne pouvait être que porteuse d'espoirs, la production de cet album se révèle dès l'écoute de "Jupiter", absolument remarquable. Et dès le premier titre, single de l'album et hit absolu, on est conquis. Une petite merveille de pop-song élégante et décomplexée sur laquelle la demoiselle nous séduit inexorablement par des mélodies aussi légères que raffinées. Une voix presque enfantine, une émotion à fleur de peau, "How does it feel" se révèle un peu plus grave, plus mélancolique, paradoxalement plus matûre sans doute. Servie par des instrumentations où les cordes tiennent un rôle prépondérant, des arrangements fouillés et des refrains enjôleurs, la musique d'An Pierlé et du White Velvet est un vrai bonheur pour les sens, dans ce qu'elle a, à la fois de rafraichissant et d'élégant.
La demoiselle semble s'amuser, mutine et charmeuse ("Good year", le très beau "Tenderness" et son clavier cajoleur), avant de nous servir l'un des bijoux de cet album : le magnifique "I love you". Une véritable déclaration d'amour, en toute franchise et sans retenue, à la pop indé, de la part d'une artiste qui ne manque décidément pas d'atouts ni de piquant. Décidée à ne pas se complaire dans la facilité, la native d'outre-Quiévrains se met à nu métaphoriquement et laisse apparaître son côté sombre au travers du torturé "Not the end". Un titre bien plus grave que ses prédécesseurs à tel point qu'il marque une véritable rupture au sein de cet album jusque là très enlevé. Un moment de profonde tristesse dont An Pierlé et son groupe se remettent via le jazzy et purement divertissant "It's got to be me", un morceau simple, follement maîtrisé et qui se révèle finalement très efficace. An Pierlé & White Velvet est le disque qui doit lui permettre de se laisser aller à ses émotions, que la demoiselle dévoile selon ses humeurs. Mélancolique sur "Poor Danny", rêveuse pour sur l'onirique "Snake song" ou discrète sur le timide et subtil "Cold winter". Et finalement, de conclure cet album quasiment sans faute avec un magnifique "Closing time" à la chaleur triste. Où comment tomber sous le charme en 13 petits morceaux...