T.A.N.K - The Burden of Will Avec un nom pareil, inutile de le préciser, T.A.N.K (pour Think of A New Kind en fait) n'est pas du genre à jouer petits bras lorsqu'il s'agit de défoncer des cloisons auditives et piétiner des vertèbres. En même temps, ce n'est pas comme si les gaziers n'était pas venus pour ça. Donc dès "Disturbia", le groupe dissipe les derniers doutes que l'on pouvait avoir en se disant que dans une veine thrash/metalcore bourrin aux relents death, ça faisait bien longtemps que la scène hexagonale ne nous avait pas proposé quelque chose de crédible. Et envoie la sauce.

Blitzkrieg by T.A.N.K = grosse puissance de feu, riffs en mode en mitrailleuse lourde, un chant bien velu et section rythmique à l'avenant. Le groupe met d'entrée tout le monde d'accord : ça va chier et pas qu'un peu. A coup de séances de matraquage auditifs et de guitares frondeuses mises en première ligne de front, les frenchies démontrent qu'ils peuvent perforer n'importe quel blindage sonore, labourer les enceintes façon sport avec un petit côté In Flames meets Soilwork en mode "qui poutre" pas dégueu ("Tank 09"). Et lorsqu'il s'agit de marcher sur l'ennemi, le groupe se transforme en bulldozer métallique (l'intro marteau-pilon de "Corpse") sans pour autant oublier de calmer le jeu niveau beuglements death, histoire de varier les plaisirs de temps en temps... avant d'en remettre une petite couche avec sa double pédale frénétique qui déchiquette à tout va et ne laisse que des miettes à la concurrence ("Beautiful agony", "Brother in arms").

On l'aura compris, T.A.N.K n'est pas là pour négocier. Avec le groupe, on tire d'abord et on pose les questions après ("Necrosoldier", "Pawns of oracle"). Et c'est armé d'un son particulièrement massif qu'il délivre des titres en forme d'obus thrash/death/metalcore qui laminent les amplis. Certes ça bourrine sévère, ça hurle, ça growle à tout va, mais c'est ce que le groupe sait faire de mieux, surtout quand il se dote de quelques soli de tueur où qu'il invite Guillaume Bideau (One-Way Mirror, Mnemic, Scarve...) pousser la gueulante ("Idle ghost"). Instrumentalement, T.A.N.K c'est du béton armé (un "Spiral chains" qui démontre que même sans le chant, ces mecs-là peuvent faire très mal), artistiquement, c'est plutôt cohérent, surtout quand c'est renforcé par quelques parpaings bien mastoc ("So vile", "The day after") et pas trop répétitifs qui plus est. Propre, net et sans bavure. Et comme en bonus, on a droit un artwork de circonstance, on peut le dire : The burden of will, ça arrache la tête.